Le rapport remis au président de la République le 30 avril 2024 écrit qu’à treize ans « la place des pairs et de l’information qu’ils peuvent obtenir par eux-mêmes prennent une part plus importante ». Il en tire une recommandation d’équipement téléphonique. Un livre paru vingt ans plus tôt décrit le même déplacement et y voit le trouble central de l’époque, celui qu’il faut renverser.
Les deux textes observent la même chose au même âge. Ils n’en concluent rien de commun.
C’est la difficulté propre à cette tranche. Les doctrines de la petite enfance, qui se contredisent ligne à ligne sur le sommeil d’un nourrisson ou la colère d’un enfant de deux ans, cessent d’être applicables au collégien, et peu de corpus prennent le relais. Quatre se prononcent, avec des statuts très inégaux, et leur désaccord principal ne porte pas sur les gestes à faire. Il porte sur l’endroit où le problème est logé.
Quatre corpus, quatre endroits où loger le problème
| Corpus | Où se situe le problème | Ce qu’il demande à l’adulte | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|
| Neufeld et Maté, orientation vers les pairs | dans le déplacement de l’attachement du parent vers les camarades | reprendre la place, restaurer la hiérarchie de soin | doctrine d’auteur, aucune validation empirique repérée |
| Styles parentaux, Baumrind puis Maccoby et Martin | dans la combinaison d’exigence et de réponse du parent | tenir haut les deux dimensions à la fois | études longitudinales et transversales corrélationnelles |
| Discipline positive, Nelsen et Lott | dans la confusion entre fermeté et contrôle | distinguer les deux, décider avec l’adolescent | doctrine d’auteur, composants isolés évalués ailleurs |
| Systémique, école de Palo Alto | dans l’interaction, jamais dans une personne | changer sa propre réponse, pas le jeune | modèle clinique, aucun essai randomisé repéré sur la déclinaison française |
Le tableau se lit de haut en bas comme une descente de l’individu vers la relation. Neufeld désigne un état intérieur du jeune. Baumrind mesure un comportement parental. Nelsen décrit un malentendu de vocabulaire chez l’adulte. Palo Alto refuse de désigner qui que ce soit et ne regarde que la boucle. Un parent qui lit deux de ces quatre corpus à la suite ne reçoit pas deux conseils différents sur le même problème : il reçoit deux problèmes différents.
Sur les pairs, la doctrine est célèbre et la mesure est ailleurs
Gordon Neufeld, psychologue clinicien de Vancouver, et le médecin Gabor Maté font paraître Hold On to Your Kids en 2004. Leur thèse s’observe le mieux dans un couloir de collège. L’élève y passe ses journées au sein d’un groupe entièrement composé de gens de son âge, avec des adultes qui changent d’heure en heure, pendant que le temps passé en famille recule et que l’écran occupe l’écart. De cet agencement naîtrait un renversement : le camarade prend le rang de figure d’attachement principale, et l’adolescent demande à d’autres immatures les repères qu’un adulte responsable de lui devrait fournir. Ce que les deux auteurs demandent alors au parent d’un cinquième ou d’un troisième va contre l’intuition qu’on associe au mot attachement. Rien à lâcher, rien à négocier : l’adulte est prié de redevenir la référence que le groupe de camarades lui a prise.
Le corpus dont Neufeld se réclame n’a pourtant rien produit sur des collégiens. Bowlby et Ainsworth ont travaillé sur des nourrissons et sur des jeunes enfants ; la transposition à l’adolescence est l’apport propre de Neufeld, et il l’a formulée sans l’assortir d’un dispositif de vérification. Vingt-deux ans après la parution, l’orientation vers les pairs en est toujours au même point : la recherche d’un protocole qui l’aurait mise à l’épreuve ne rend rien. Le niveau de preuve est celui d’une doctrine d’auteur, ce qui ne dit rien de sa justesse et beaucoup de ce qu’on peut en affirmer. La filiation revendiquée est examinée pour elle-même dans ce que Sears et Neufeld doivent vraiment à la théorie de l’attachement.
Le déplacement que Neufeld dénonce a pourtant été mesuré, par des gens qui n’en font pas du tout la même lecture. En 2007, Laurence Steinberg et Kathryn Monahan publient dans Developmental Psychology une étude sur plus de 3 600 sujets de dix à trente ans, issus de quatre échantillons diversifiés, à qui l’on fait remplir un instrument qui sépare la susceptibilité à la pression du groupe de la disposition à commettre un acte antisocial. Le résultat central est une courbe.
La résistance à l’influence des pairs augmente linéairement entre quatorze et dix-huit ans. Entre dix et quatorze, elle n’augmente pas.
Autrement dit, la tranche qui va de l’entrée en sixième au milieu du collège est un plateau : le jeune y est aussi perméable au groupe qu’il l’était à dix ans, et il ne commence à s’en détacher qu’à partir de quatorze. Les auteurs y voient un fait de développement, comparable à une maturation. Neufeld y voit une perte culturelle, causée par l’organisation scolaire et par les écrans, et donc réversible par l’action des adultes. Le désaccord est frontal, et il n’oppose pas deux prescriptions : il oppose une doctrine qui explique et un protocole qui décrit. L’étude de Steinberg et Monahan est transversale et repose sur du déclaratif ; elle établit une trajectoire d’âge, pas une cause.
Un détail d’édition prolonge la question côté français. La traduction, Retrouver son rôle de parent, a paru aux Éditions de l’Homme le 6 décembre 2005, à Montréal, dans une version de Louise et Marie-Josée Chrétien, sous l’ISBN 978-2-7619-1952-4. Elle se vend en France, et elle ne figure ni au catalogue général de la BnF ni au Sudoc, le dépôt légal français ne s’étendant pas à l’édition québécoise. Un livre peut donc être lu en français sans exister dans les catalogues où l’on vérifie qu’il l’est. L’ouvrage anglais a été augmenté en 2013 de deux chapitres consacrés à l’éducation des enfants dans un monde numérique, selon le Neufeld Institute. Le lecteur francophone lit donc la version d’avant.
Le seul chiffre que les styles parentaux donnent à cet âge porte sur la drogue
Diana Baumrind a bâti sa typologie sur des enfants d’âge préscolaire, et rien dans ses catégories n’a été pensé pour un collégien : le modèle des quatre styles parentaux est appliqué à cet âge par extension, jamais par construction. Un seul de ses travaux atteint la tranche, et encore par le haut.
En 1991, elle publie dans le Journal of Early Adolescence un article tiré de son programme longitudinal. Les mêmes familles ont été évaluées lorsque l’enfant avait quatre ans, puis neuf, puis quinze. À la troisième vague, l’échantillon compte 139 adolescents et leurs parents, dans une population majoritairement aisée, diplômée et blanche. Le résultat qu’elle en tire : les parents à la fois très exigeants et très réactifs, ceux que la typologie nomme authoritative, protègent leurs adolescents de l’usage problématique de drogues et favorisent la compétence.
C’est une association mesurée dans un échantillon américain restreint et socialement homogène, sur trente ans de suivi. Le protocole ne permet pas d’établir de causalité, et la traduction du mot authoritative en français reste instable, ce qui suffit à retourner le sens d’une phrase entière. Cela reste, à ce jour, la chose la plus proche d’une position datée d’un courant nommé sur ce que fait un parent de quinze ans face à un produit. Personne ne l’a jamais formulée comme un conseil, et elle circule pourtant sous cette forme.
La discipline positive place ici sa distinction entre fermeté et contrôle
Jane Nelsen publie Positive Discipline en 1981. L’adaptation française de Béatrice Sabaté paraît en 2012 aux Éditions du Toucan, suivie deux ans plus tard d’un volume consacré à cette tranche d’âge : La Discipline positive pour les adolescents, Nelsen et Lynn Lott, 3 septembre 2014, quatre cents pages. Le sous-titre porte la thèse entière : « comment accompagner nos ados, les encourager et les motiver, avec fermeté et bienveillance ».
La formule vient de Rudolf Dreikurs et se veut un refus symétrique de la punition et de la permissivité. Fermeté par respect pour le monde de l’adulte, bienveillance par respect pour celui de l’adolescent. L’enjeu, à quatorze ans, tient dans une distinction que le courant tient pour décisive : la fermeté porte sur ce qui est décidé, le contrôle porte sur la personne. Un cadre non négociable dont les modalités, elles, se négocient. C’est là que le corpus loge son dispositif le plus reconnaissable, hérité de Dreikurs comme le reste : le conseil de famille, réunion périodique où l’ordre du jour est ouvert et les décisions prises ensemble.
Le statut de tout cela est celui d’une doctrine d’auteur adossée à une autre doctrine d’auteur. Aucun essai contrôlé du programme de Nelsen sur des adolescents n’a été repéré. Certains de ses ingrédients, l’encouragement et les conséquences logiques, figurent dans des méta-analyses de programmes parentaux, mais mesurés hors de son cadre et dans des dispositifs d’inspiration comportementale que Nelsen récuse par ailleurs. L’histoire du mot et de sa filiation est reprise dans la page sur la discipline positive.
Palo Alto ne regarde ni le jeune ni le parent
La quatrième lecture est la seule à refuser par principe de désigner un responsable. Pour l’école de Palo Alto, un symptôme ne s’explique pas par une cause intérieure à l’individu mais par la place qu’il occupe dans un jeu d’interactions, et ce qui entretient un problème, ce sont les tentatives de solution que l’entourage répète. Un parent qui augmente la surveillance à mesure que son adolescent se ferme, et un adolescent qui se ferme à mesure que la surveillance augmente, forment une boucle dont aucun des deux n’est l’auteur.
En France, cette approche a un relais grand public, presque toujours présenté sans son courant : Emmanuelle Piquet, formée à la thérapie brève stratégique à l’Institut Gregory Bateson, cofondatrice en 2012 d’un centre de consultation et de formation devenu Chagrin Scolaire. Sa méthode des « flèches relationnelles » outille l’enfant de répliques qui font cesser l’intérêt de l’agresseur ; elle ne travaille ni l’estime de soi de la victime, ni la sanction de l’agresseur. Le contraste avec le dispositif public est net, puisque le programme pHARe, généralisé aux écoles et aux collèges à la rentrée 2022, repose sur la méthode de la préoccupation partagée et sur l’intervention adulte. Aucune évaluation randomisée de la méthode Piquet n’a été repérée. Le cadre théorique est détaillé dans la page sur l’approche systémique, la situation vécue dans celle sur l’enfant harcelé.
La voie pénale, elle, est chiffrée, et le chiffre est instructif pour qui envisage de porter plainte.
10 100 affaires enregistrées par les parquets, 240 condamnations en première instance, entre 2022 et la fin 2024, au titre du délit de harcèlement scolaire créé par la loi n° 2022-299 du 2 mars 2022.
Ministère de la Justice, Infos Rapides Justice n° 32, novembre 2025.
Le téléphone : une interdiction scolaire, des bornes par âge, et rien qui vienne d’un courant
Sur l’objet qui structure la vie sociale d’un collégien, aucun des quatre corpus n’a publié de position datée. Ce qui existe vient de l’État, et sous deux formes qui n’ont ni le même statut ni le même périmètre.
La première est une interdiction. La loi n° 2018-698 du 3 août 2018 a réécrit l’article L511-5 du code de l’éducation : l’usage d’un téléphone mobile ou de tout autre équipement de communications électroniques par un élève est interdit dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, ainsi que pendant toute activité d’enseignement conduite hors de leurs locaux. Le lycée n’est pas visé ; son règlement intérieur peut l’interdire, il n’y est pas tenu. Le critère est donc l’établissement, jamais l’âge, ce qui produit un décalage visible dès la classe de seconde.
La seconde est une recommandation. Le rapport Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu, remis le 30 avril 2024 par une commission de dix experts coprésidée par la neurologue Servane Mouton et le psychiatre addictologue Amine Benyamina, propose ce qu’il appelle des bornes d’âge repères.
« Proposition n° 13 : Organiser une prise en main progressive des téléphones :
— avant 11 ans : pas de téléphone ;
— à partir de 11 ans : téléphone sans connexion Internet ;
— à partir de 13 ans : téléphone connecté sans accès aux réseaux sociaux ni aux contenus illégaux ;
— à partir de 15 ans : accès complémentaire aux réseaux sociaux éthiques. »
Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu, rapport de la commission d’experts, 30 avril 2024, p. 101.
Les onze ans ne sont pas choisis pour une raison sanitaire mais pour une raison d’organisation : la commission écrit que cet âge correspond le plus souvent à l’entrée au collège, à l’éloignement du domicile et aux premiers trajets sans accompagnement. Elle recommande à ce stade des téléphones « à briques » ou « à clapet », avec des forfaits limités aux appels et aux textos. La borne des quinze ans, elle, est justifiée par cohérence avec la majorité numérique et avec l’entrée au lycée.
Ces bornes se heurtent à l’équipement réel. Le même rapport relève qu’en 2021, 89 % des treize-dix-neuf ans détenaient un smartphone personnel, en hausse de douze points par rapport à 2016, et 35 % des sept-douze ans. La recommandation d’un premier appareil non connecté à onze ans s’adresse donc à une pratique déjà installée. Les seuils des sept référentiels existants, qui ne se recouvrent pas, sont comparés dans la page sur le temps d’écran par âge, et le débat français lui-même, qui n’oppose pas les pour et les contre, dans celle sur le vrai clivage des écrans.
Trois seuils s’ouvrent entre onze et quinze ans, et le plus cité est faux
| Âge | Ce qui bascule | Texte |
|---|---|---|
| 13 ans | présomption de capacité de discernement en matière pénale ; au-dessous, la présomption est inverse | article L11-1 du code de la justice pénale des mineurs |
| 15 ans | consentement seul au traitement de ses données personnelles ; au-dessous, il est donné conjointement avec un titulaire de l’autorité parentale | article 45 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 |
| 15 ans | seuil de non-consentement en matière sexuelle, sous condition d’un écart d’âge d’au moins cinq ans avec l’auteur majeur | article 222-23-1 du code pénal, issu de la loi n° 2021-478 du 21 avril 2021 |
Le deuxième de ces seuils circule presque toujours de travers.
Le règlement général sur la protection des données autorise les États membres à fixer entre treize et seize ans l’âge auquel un mineur consent seul au traitement de ses données. Treize ans est le plancher européen, et c’est le chiffre qui revient dans les articles français.
La France n’a pas retenu ce plancher. L’article 45 de la loi Informatique et Libertés fixe l’âge à quinze ans. En dessous, le traitement n’est licite que si le consentement est donné conjointement par le mineur et par le ou les titulaires de l’autorité parentale.
Les treize ans qui existent réellement dans la vie d’un collégien français sont d’une autre nature : c’est l’âge de la présomption de discernement pénal, et c’est l’âge minimal fixé par les conditions d’utilisation de la plupart des réseaux sociaux, ce qui est une règle privée et non une règle de droit.
La confusion n’est pas anodine. Un parent qui croit que son enfant de treize ans dispose seul de ses données ignore qu’il détient, jusqu’à quinze ans, une part du consentement. La commission de 2024 s’appuie d’ailleurs explicitement sur ce seuil de quinze ans pour justifier sa borne du smartphone. L’inventaire complet de ce qu’un mineur décide seul appartient à la page de la rubrique droit, et la façon dont ces bornes juridiques cadrent mal avec les découpages des doctrines à celle qui les met côte à côte.
Les doctrines de cet âge sont antérieures à l’objet qui l’occupe
Une chose saute aux yeux quand on aligne les dates. Watzlawick, Beavin et Jackson publient en 1967. Nelsen publie en 1981, son volume adolescent paraît en français en 2014. Baumrind mesure ses familles à quinze ans dans un article de 1991. Neufeld écrit en 2004, et sa traduction française date de 2005.
Aucun de ces textes n’a été écrit dans un monde où un élève de sixième arrive au collège avec un smartphone dans son sac. Les quatre corpus se prononcent sur l’autorité, sur les pairs, sur la boucle familiale, et l’objet par lequel tout cela passe désormais leur est postérieur. Ce qui explique un état de la documentation que le parent constate sans se l’expliquer : sur le cadre, il trouve des auteurs nommés, des ouvrages datés, des désaccords vieux de cinquante ans ; sur le téléphone, il trouve un article du code de l’éducation, un rapport de commission et un numéro de loi. Les deux ensembles ne se parlent pas. La suite du parcours, où les corpus se raréfient encore, est traitée dans la page sur les 15-18 ans.
Steinberg L. et Monahan K. C., « Age Differences in Resistance to Peer Influence », Developmental Psychology, 43(6), novembre 2007, p. 1531-1543.
Baumrind D., « The Influence of Parenting Style on Adolescent Competence and Substance Use », Journal of Early Adolescence, 11(1), 1991, p. 56-95.
Maccoby E. E. et Martin J. A., « Socialization in the Context of the Family: Parent-Child Interaction », in P. H. Mussen et E. M. Hetherington (dir.), Handbook of Child Psychology, vol. 4, New York, Wiley, 1983, p. 1-101.
Neufeld G. et Maté G., Hold On to Your Kids: Why Parents Need to Matter More Than Peers, 2004 ; trad. fr. Louise Chrétien et Marie-Josée Chrétien, Retrouver son rôle de parent, Éditions de l’Homme, 6 décembre 2005, 416 p., ISBN 978-2-7619-1952-4. Ouvrage absent des catalogues de la Bibliothèque nationale de France et du Sudoc, consultés le 6 août 2026.
Nelsen J. et Lott L., La Discipline positive pour les adolescents. Comment accompagner nos ados, les encourager et les motiver, avec fermeté et bienveillance, adaptation de Béatrice Sabaté, Les Éditions du Toucan, 3 septembre 2014, 400 p., ISBN 978-2-8100-0561-1.
Watzlawick P., Beavin J. H. et Jackson D. D., Pragmatics of Human Communication, New York, W. W. Norton, 1967 ; trad. fr. Une logique de la communication, Seuil, 1972.
Commission d’experts, Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu, rapport remis au président de la République le 30 avril 2024, propositions n° 12 et n° 13, p. 97-101, et données d’équipement p. 19.
Ministère de la Justice, Infos Rapides Justice n° 32, novembre 2025, harcèlement scolaire.
Loi n° 2018-698 du 3 août 2018 et article L511-5 du code de l’éducation ; article L11-1 du code de la justice pénale des mineurs ; article 45 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée ; article 222-23-1 du code pénal ; loi n° 2022-299 du 2 mars 2022.